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16/04/21 - Résultats préliminaires de l'enquête épidémiologique

L'ARS et la Cellule de l'institut de veille sanitaire en région (Cire) Auvergne-Rhône-Alpes invitent toutes les personnes résidant à Vif ou Le Gua, ou ayant été amenées à se rendre dans ce secteur durant le récent épisode de pollution microbiologique du réseau d’eau potable de ces communes qui s’est déroulé du 10 au 24 mars derniers, à participer à une vaste enquête épidémiologique en répondant au questionnaire en ligne ci-contre.

Objectifs de l'enquête
  • Décrire l’épidémie liée à cette pollution microbiologique et mesurer son ampleur
  • Conforter le rôle de l’eau dans la survenue de cette épidémie et préciser les facteurs d’exposition
  • Décrire les effets sanitaires et le recours aux soins de la population (consultations médicales, visites en pharmacie, hospitalisations)
Obtenir un maximum de répondants pour garantir la qualité des résultats

Afin de garantir la qualité des résultats, il est nécessaire d’obtenir un maximum de répondants, qui puissent remplir le questionnaire de la façon la plus exacte possible, quel que soit leur état de santé à l’issue de cette crise (malade ou non malade) et pour l’ensemble des occupants du foyer (un questionnaire à remplir par personne).

S’agissant d’une investigation urgente, la Cire Auvergne-Rhône-Alpes dispose d’une autorisation de la Cnil (N° 341194v42), et s'engage à assurer  la confidentialité des données recueillies, le droit d'accès ainsi que leur  destruction une fois l’investigation terminée.

Résultats préliminaires

Au 21 avril 2016, la participation à l’enquête épidémiologique lancée le 25 mars dernier était de 1 911 personnes. La participation à l’enquête a fortement diminué depuis le 8 avril.
Un premier bilan de l’épidémie fait apparaitre une large proportion de personnes (76%) ayant présenté des signes caractéristiques d’une gastro-entérite (diarrhée et/ou vomissements) accompagnés souvent de douleurs abdominales, perte d’appétit, nausées et quelque fois associés à des maux de tête, voire de la fièvre.
Le taux de consultation médicale est estimé à 31%. La majorité des cas présente des signes cliniques modérés. L’enquête rapporte toutefois 17 passages aux urgences dont 2 suivis d'une  hospitalisation.
Sur la courbe épidémique ci-dessous, on constate une augmentation du nombre de cas de gastro-entérite dès le 14 mars (> 100 cas sur la courbe) avec un pic au 18 mars. A compter du 20 mars, date de restriction d’usage de l’eau, le nombre de cas diminue progressivement.

L’enquête épidémiologique conforte également l'hypothèse qu'une contamination hydrique est à l'origine cette épidémie de gastro-entérites. En effet, selon les premiers résultats, le risque de contracter une gastro-entérite augmente significativement avec la quantité d’eau consommée.

Enquête microbiologique et recommandations

Les premiers éléments d'analyse du CNR sur les prélèvements de selles réalisés chez les personnes malades rapportent une origine virale (rotavirus, norovirus). Des études complémentaires se poursuivent pour identifier le plus précisément possible les pathogènes en cause.
Ces virus, très impliqués dans les gastro-entérites saisonnières, sont connus pour occasionner des cas secondaires par transmission interhumaine. Ainsi, il est important de respecter les recommandations d'hygiène notamment des mains .

 


Rappel des mesures d’hygiène à respecter pour limiter la transmission des virus
1- Les malades doivent éviter les activités collectives (établissements scolaires), les sorties extérieures et la fréquentation des espaces communs tant qu'ils présentent des signes de gastro-entérites.

2 - Les malades et leur entourage doivent avoir une hygiène individuelle rigoureuse :

• Lavage systématique des mains à l'eau et au savon après passage aux toilettes, avant la préparation de repas, avant de manger chaque repas ou collation, en cas de souillure visible sur les mains.
• Séchage des mains avec des papiers essuie-mains.
• Elimination des papiers essuie-mains dans une poubelle avec couvercle.
Il est possible d'utiliser une solution hydro-alcoolique de norme européenne EN 14476. En cas de souillure visible sur les mains, ces solutions perdent de leur efficacité et leur utilisation doit être précédée d'un lavage à l'eau et au savon.

En outre, il convient de :
• Proscrire le partage des gourdes ou des verres.
• Individualiser les affaires de toilettes (brosse à dents, serviettes, gants…).